Contexte

La digitalisation est à la fois un cadre de développement des compétences ciblées (par exemple : les compétences numériques - digital skills dans l’enseignement) mais, en même temps, un espace dynamique des relations socioéconomiques complexes. Les deux faces sont complémentaires et indissociables. Cela veut dire que la digitalisation n’est pas un évènement fixe qu’on peut définir et stabiliser et sur lequel se reposer pour apprendre. Bien au contraire, elle nous demande de faire face à une complexité sociotechnique et à adopter nos approches afin de se remettre en question, explorer, apprendre, produire, évaluer… et recommencer.

Dans ce sens-là, la digitalisation n’est pas immatérielle, mais ancrée dans la vie quotidienne et le développement de nouveaux comportements et pratiques. Le processus de développement de nouveaux comportements, liés aux expériences de la vie réelle, permet aux individus d’évoluer avec de nouvelles situations d’apprentissage (1). Dans ce contexte, il est intéressant de connecter la digitalisation avec nos capacités de changement et d’adaptation. L’apprentissage qui renforce cette capacité se forme lorsque les individus s’engagent dans un contexte inconnu, d’une manière intentionnelle et attentionnelle. Ce principe nous amène à adopter la recherche participative comme méthodologie d’apprentissage pour notre projet. Le cas d’application choisie pour notre recherche est celle de l’analyse de la Gouvernance Numérique à Genève (2020 – 2021).

La ville de Genève a établi une stratégie numérique en 2018 sur le rapport relatif (2) qui se structure ainsi :

« Le canton de Genève est composé de 45 communes avec leurs spécificités, c’est l’un des vingt-six cantons de la Confédération, il accueille de >multiples organisations internationales et se trouve dans une région transfrontalière au cœur de l’Europe, sur une planète interconnectée. Dans ce >contexte, il est impératif pour l’Etat de se positionner comme un acteur fédérateur et porteur de sens dans ce nouveau paradigme ».

Notre but est de permettre à l’Etat de Genève de situer ses pratiques en matière de Gouvernance numérique dans un contexte international.

Bibliographie

  1. Hite J. (1999). Learning in chaos. Houston, TX: Gulf Publishing Company.
  2. Rapport sur la politique numérique pour la ville de Genève disponible à https://www.ge.ch/document/rapport-politique-numerique-geneve/telecharger *

Etat de l art

La recherche participative (la recherche-action et la recherche-action participative) est un moyen d’impliquer les citoyens dans la recherche scientifique : une approche qui met l’accent sur les relations entre les partenaires des milieux de recherche et de pratique, les principes de co-apprentissage, de bénéfices mutuels et d’engagement à long terme et qui intègrent les théories, la participation et les pratiques dans le processus de recherche (Wallerstein & Duran, 2006) . En général, elle favorise la création d’un espace de dialogue et de collaboration entre citoyens et chercheurs. Dans notre cas, elles visent à élargir le nombre des acteurs de la recherche scientifique en incluant les étudiants. Ces approches « permettent d’établir des liens entre la recherche et l’action, la théorie et la pratique,la logique du chercheur et celle des praticiens » (Anadon et Couture 2007).

Ce type de recherche vise la production de connaissances nouvelles, la résolution d’un problème identifié par les acteurs et le renforcement des capacités de ces acteurs pour une plus grande autonomie. Cette production de connaissances nouvelles, voire d’outils utiles aux praticiens, permet de transformer la réalité (Faure et al. 2010). Ce point nous permet de connecter la recherche participative avec l’apprentissage par la pratique qui est obtenu par les étudiants grâce à leur propre expérience. Dans l’apprentissage par la pratique, il est essentiel que l’expérience soit une relation à double sens. L’étudiant d’une part, est actif par rapport au monde autour de lui et d’autre part, doit assumer lui-même les conséquences de ses propres priorités, décisions et actions (Altet 2013).

Comme déjà indiqué, notre projet vise à appliquer la recherche participative et l’apprentissage par la pratique dans un cas de recherche concret : situer les pratiques de Gouvernance numérique de l’Etat de Genève dans un contexte international. L’Etat de Genève a déjà quelques documents clés qui définissent l’état de l’art dans ce domaine, notamment, la stratégie numérique de la ville (2018) , la Stratégie Open Data, adoptée par le Conseil d’Etat le 25 avril 2018, la stratégie de la géoinformation à Genève, adoptée en janvier 2018, la Stratégie des systèmes d’information et de communication de l’administration cantonale, adoptée par le Conseil d’Etat le 25 mai 2016 et la Stratégie économique cantonale 2030, adoptée par le Conseil d’Etat le 24 juin 2015.

Bibliographie

  1. Wallerstein, Nina & Duran, Bonnie. (2006). Using Community-Based Participatory Research to Address Health Disparities. Health promotion practice. 7. 312-23. 10.1177/1524839906289376.
  2. Anadón M., Couture Ch. (2007). Présentation : la recherche participative, une préoccupation toujours vivace. In M. Anadón (coord.). La recherche participative : multiples regards. Québec : PUQ, p. 1-7.
  3. Faure G., Gasselin P., Triomphe B., Temple L., Hocdé H. (dir.), 2010, Innover avec les acteurs du monde rural : la recherche-action en partenariat, Versailles, Quae.
  4. Duchesne, Claire. « Altet M., Desjardins J., Étienne R., Paquay L., Perrenoud P. (dir.)(2013). Former des enseignants réflexifs : Obstacles et résistances. Bruxelles : De Boeck, 277 p. », Recherche & formation, vol. 72, no. 1, 2013, pp. 149-150.
  5. La stratégie numérique de la ville de Genève (2018), disponible à https://www.ge.ch/document/rapport-politique-numerique-geneve/telecharger*

LIPAD du canton de Genève

Depuis 2002, le canton de Genève dispose d’une loi qui règle l’accès aux informations des administrations, du Parlement, du gouvernement et des communes (Loi sur l’information du public, l’accès aux documents et la protection des données personnelles (LIPAD). Une particularité : Les personnes morales dont l’Etat possède plus de 50% du capital-actions ou finance leur budget pour plus de 50%, sont aussi soumises à cette législation.

La loi s’applique: a) aux institutions cantonales et communales b) aux organisations du secteur privé – détenues à au moins 50% par l’Etat, – ou dont les fonds sont d’au moins 50% des contributions du secteur public – ou alors dont les organes de décision comprennent des représentants du secteur public. c) aux privés qui assument des tâches publiques

Bibliographie

  1. La plateforme pour la transparence dans l’administration disponible à https://www.oeffentlichkeitsgesetz.ch/francais/les-cantons/geneve/
  2. PRÉPOSÉ CANTONAL À LA PROTECTION DES DONNÉES ET À LA TRANSPARENCE (PPDT) disponible à https://www.ge.ch/ppdt/lipad-bd.asp

La stratégie de l Etat, Une politique numérique pour Genève

Une politique évolutive, établie en six grandes étapes et 15 objectifs :

  1. Renforcer et élargir la participation citoyenne grâce au numérique dans le respect du contact humain
  2. Simplifier les démarches administratives et développer de nouveaux services par le secteur public
  3. Encourager le développement de nouveaux services par les secteurs privés, académiques en collaboration avec la société civile
  4. Attribuer à l’école un rôle clé dans la transition numérique
  5. Développer les compétences numériques et la culture numérique de la population genevoise et des entreprises
  6. Soutenir les évolutions pédagogiques avec des outils numériques adaptés
  7. Etablir les conditions pour renforcer la confiance dans les services numériques de l’Etat
  8. Donner les moyens de lutter contre la cybercriminalité et l’utilisation abusive des données
  9. Agir activement sur la prévention et la réponse efficace
  10. Positionner Genève comme un acteur majeur de la gouvernance du numérique
  11. Améliorer les conditions-cadres pour accompagner la transition numérique des entreprises et de la société à Genève
  12. Favoriser l’échange humain et la culture numérique
  13. Assurer une prise en compte systématique et durable des enjeux éthiques liés au numérique
  14. Permettre une évolution des bases légales adaptée au numérique et autorisant l’expérimentation
  15. Renforcer les compétences et la culture numériques des régulateurs

La consultation publique menée en ligne au mois de mars 2018 a permis de toucher plus de 110’000 personnes, dont 474 ont formulé des propositions ou des arguments. Au total plus de 3’000 votes sur les propositions présentées ont été enregistrés. Ces contributions reflètent un réel intérêt de la population genevoise. En général, on peut constater que la stratégie propose une bonne analyse des enjeux et des objectifs à suivre avec une méthodologie de présentation, mais sans plan d’action.

Il manque des projets concrets et des ressources attribués la fois pour la réalisation des interventions ou l’évaluation des activités existantes. Voici quelques exemples cités dans la stratégie :

  • PLATEFORME DE CONSULTATION ET DE CO-CRÉATION CITOYENNE À DISPOSITION DES SERVICES DE L’ADMINISTRATION CANTONALE (proposition mais faible réalisation). Les activités dans la plateforme consultation.ge.ch s’arrêtent en 2018.
  • DÉVELOPPER LE GUICHET UNIVERSEL EN LIGNE (Les eDémarches de Genève comme étape préliminaire d’un tel objectif).
  • Guichet virtuel permettent de signaler un cyber-incident (Police Genève). Activité évaluée dans ce rapport.
  • Centrale d’enregistrement et d’analyse pour la sûreté de l’information MELANI. Activité évaluée dans ce rapport.
  • Numérisation des autorisations de construire. Activité évaluée dans ce rapport.
  • Guide vocal de l’Administration Fiscale Cantonale (Prototype existant, pas d’implémentation).
  • Système d’Information du Territoire à Genève SITG. Activité évaluée dans ce rapport.
  • Géofab du Grand Genève (Appel à projet en 2018, pas des résultats publiés).
  • Le Genève Lab est une activité phare dans la stratégie de l’Etat. Il dote l’action publique d’un dispositif qui prend en compte la transition numérique, exploite les nouveaux leviers d’innovation en s’appuyant sur la culture Living Lab pour soutenir les porteurs de projets en impliquant les parties prenantes dans une démarche d’innovation au service de la société.

Bibliographie

  1. La stratégie de l’Etat : Une politique numérique pour Genève”, document disponible sur https://www.ge.ch/document/rapport-politique-numerique-geneve/telecharger

Les résultats de la recherche par activité

Nous utilisons quatre mots clés pour caractériser les activités revues. Ces mots clés constituent des niveaux différents, expliqués ainsi : a) Information : activité unidirectionnelle, sans possibilité de contribution
b) Participation : activité qui permet une contribution sans s’engager à fournir un retour, un suivi ou une collaboration organisée c) Collaboration : activité avec des pratiques qui permettent une participation organisée et suivie à diverses étapes d) Coopération : activité avec des règles de gouvernance qui définissent et encouragent la collaboration systématique avec plusieurs acteurs

Thème Activité Gouvernement ouvert / Wikinomie Responsable Recommandation
  Titre de l’activité Information / Participation / Collaboration / Coopération Organisation Recommandation principale
Urbanisme et développement territorial APA numérique (Service) GE-21 Services écosystémiques HES-SO développement urbain Participer à un projet urbain SCHG : coopérative d’habitation SITG : Le territoire genevois à la carte Participation Participation Participation Participation Participation Collaboration Office des autorisations de construire Comité de pilotage inter-organisationnelle HESSO Canton de Genève Conseil d’administration de la coopérative Direction de l’Information du Territoire Données ouvertes (utilisation et décisions) Edition des projets par les utilisateurs Inciter la collaboration entre les utilisateurs Campagne de sensibilisation Données ouvertes Proposer un API ouvert (données)
Transports et mobilité TPGPreview TPG Open Data OpenData Swiss Information Participation Participation Transport publics genevois (TPG) Transport publics genevois (TPG) Secrétariat Open Government Data (CH) Web des données (Linked data) Web des données (Linked data) Web des données (Linked data)
Santé MonDossierMedical.ch DiabeteForum mesvaccins.ch Collaboration Participation Participation Département sécurité, emploi, santé (DSES) Les membres de l’association Diabètesuisse La fondation mesvaccins Campagne de sensibilisation Campagne de sensibilisation Améliorer l’application
Justice Projet Justicia 4.0 Référendum cantonal Statistiques cantonales Information Participation Information Le comité de pilotage (CCDJP et HIJP) Direction Générale Systèmes d’Information Canton de Genève Mettre en place un forum de Q&A Collecte des signatures en ligne Simplifier les termes d’utilisation
Education Le numérique à l’école Prévention (cyber)harcèlement Boîte à outils MITIC Annuaire statistique de l’enseignement à Genève Information Participation Participation Information Département de l’instruction publique (DIP) Département de l’instruction publique (DIP) Service écoles-médias Service de la recherche en éducation (SRED) Permettre la collaboration Définir une équipe responsable Simplifier l’accès au contenu (public) Proposer un API ouvert
Elections (votations) Plateforme CHVote Vote électronique La Poste Données votations et élections Participation Information Participation Canton de Genève La Poste CH Chancellerie de l’Etat de Genève Changement dans la législation Transparence au niveau logiciel Améliorer les données ouvertes (votations)
Environnement Qualité de l’air (Service) Qualité de l’eau (Service) Etat de la faune et de la flore Information Information Information ROPAG et SABRA Le service de l’écologie de l’eau (SECOE) L’association Faune Genève Proposer un API ouvert Améliorer la qualité des données Améliorer la qualité des données
Sécurité - Criminalité Formulaire : signaler un cyber-incident Formation en ligne Centre de compétences Cyber-sécurité Centre for Cybersecurity Participation Participation Information Information Brigade criminalité informatique (Police) Département du développement économique Délégué cyber-sécurité de la Confédération Le World Economic Forum (WEF)  Sensibilisation du public Sensibilisation du public Transparence sur le fonctionnement Collaboration avec des partenaires
Médias Geneva Solutions Jeunes et médias MIXLINFO Participation Information Information Mission Suisse à l’ONUG et Geneva Solutions Office Fédéral des Assurances Sociales (OFAS) Département de la culture et du sport (DCS) Evaluation des articles par le public Collecter le feedback des utilisateurs Gamification par une app mobile
Plateformes Airbnb et hôtels Uber et taxis Information Information Département Sécurité, Emploi et Santé (DSES) Grand Conseil Canton de Genève Web des données (Linked data) Médiation étatique
Sports Les cours de sport de la Ville de Genève Stade de Genève E-sport genevois Participation Information Information Ville et Canton de Genève La Fondation du stade de Genève Structures d’esport approuvée par l’état Formations en ligne Collecter les propositions du public Plateforme de la gouvernance
Activités revues 36      

Source

  • Gouvernance Numérique à Genève 2019 - 2020, https://2020.wikipolitics.ch/

Notre benchmarking et l initiative Open Government Partnership

Le gouvernement ouvert est une doctrine de gouvernance, et une initiative internationale (Open Government Partnership, OGP), qui vise à améliorer l’efficacité et la responsabilité des modes de gouvernance publique. Elle vise tous les domaines politiques (Reference : https://www.opengovpartnership.org/fr/policy-areas/#all). Elle établit que les citoyens ont le droit et les ressources nécessaires pour accéder aux documents et aux procédures de leurs gouvernements. Son but est de favoriser une transparence et une responsabilisation systématiques. Le benchmarking de l’initiative Open Government Partnership est basé sur une analyse systématique des activités étatiques et vise à :

  • Documenter une activité (service, projet, formation etc) pour démontrer son évolution et l’organisation responsable.
  • Aider les citoyens et la société civile à jouer un rôle de veille sur l’implémentation de ces activités.
  • Inciter les états à impliquer les citoyens pendant l’évolution de ces activités

My Overview est une plateforme danoise permettant aux citoyens d’accéder aux données que le gouvernement détient à leur sujet. Une plateforme personnalisée et conviviale sur borger.dk qui présente aux citoyens un aperçu numérique combiné. Les données les plus importantes dont disposent les autorités publiques sur chaque utilisateur seront regroupées en un seul endroit. (Source : https://www.opengovpartnership.org/fr/members/denmark/commitments/DK0068/. La France utilise OGP pour améliorer la transparence des algorithmes publics et des codes sources et travaille au sein de son gouvernement pour développer une méthodologie commune pour l’ouverture des algorithmes et des codes contenus dans ses systèmes d’information (Transparence des algorithmes publics) : https://www.opengovpartnership.org/fr/members/france/commitments/FR0035/).

La Wikinomie est un mouvement socio-économique basé sur l’intelligence collective et la participation citoyenne dans la production des produits et des services. Nous utilisons quatre mots clés pour caractériser les activités revues. Ces mots clés constituent des niveaux différents, expliqués ainsi :

a) Information : activité unidirectionnelle, sans possibilité de contribution b) Participation : activité qui permet une contribution sans s’engager à fournir un retour, un suivi ou une collaboration organisée c) Collaboration : activité avec des pratiques qui permettent une participation organisée et suivie à diverses étapes d) Coopération : activité avec des règles de gouvernance qui définissent et encouragent la collaboration systématique avec plusieurs acteurs

Voici un exemple d’utilisation de ces catégories. Le service des demandes APA est catégorisé comme « Participation » parce que l’activité :

  • Permet à l’utilisateur de faire une contribution (dépôt du dossier qui fournit des informations essentielles au processus) mais,
  • L’administration ne s’engage pas à fournir des données réutilisables sur son utilisation et ses résultats, ou inclure l’utilisateur à l’amélioration du processus, ou à la prise de décisions sur son avenir.

Le service MonDossierMedical.ch, par exemple, est catégorisé comme « Collaboration » parce que l’activité :

  • Permet à l’utilisateur de faire une contribution (dépôt d’un dossier médical en ligne afin que celui-ci soit plus facilement transmissible par les différents acteurs de la santé)
  • Le patient décide avec qui il partage les droits d’accès à ses données (l’administration s’engage dans une relation de confiance et collaboration avec le patient sur l’utilisation de ses données).

L état de Genève dans le benchmarking de l OGP

Le gouvernement ouvert est une doctrine de gouvernance, et une initiative internationale (Open Government Partnership, OGP), qui vise à améliorer l’efficacité et la responsabilité des modes de gouvernance publique. Elle vise tous les domaines politiques (Reference : https://www.opengovpartnership.org/fr/policy-areas/#all).

Elle établit que les citoyens ont les droits et les ressources nécessaires pour accéder aux documents et aux procédures de leurs gouvernements. Son but est de favoriser une transparence et une responsabilisation systématiques. Le benchmarking de l’initiative Open Government Partnership est basé sur une analyse systématique des activités étatiques et vise à :

  • Documenter une activité (service, projet, formation, etc.) pour démontrer son évolution et l’organisation responsable.
  • Aider les citoyens et la société civile à jouer un rôle de veille sur l’implémentation de ces activités.
  • Inciter les états à impliquer les citoyens pendant l’évolution de ces activités

Voici quelques exemples d’activités phares de l’OGP en 2020 : My Overview est une plateforme danoise permettant aux citoyens d’accéder aux données que le gouvernement détient à leur sujet. Une plateforme personnalisée et conviviale sur borger.dk qui présente au citoyen un aperçu numérique combiné. Les données les plus importantes dont disposent les autorités publiques sur chaque utilisateur seront regroupées en un seul endroit. (Source : https://www.opengovpartnership.org/fr/members/denmark/commitments/DK0068/.
La France utilise OGP pour améliorer la transparence des algorithmes publics et des codes sources et travaille au sein de son gouvernement pour développer une méthodologie commune pour l’ouverture des algorithmes et des codes contenus dans ses systèmes d’information (Transparence des algorithmes publics : https://www.opengovpartnership.org/fr/members/france/commitments/FR0035/).

10 thématiques (domaines politiques) définies : dans toutes les thématiques nous trouvons des activités liées à la gouvernance numérique. 36 activités revues et catégorisées : 14 sur information, 19 sur participation et 3 en collaboration. La majorité des activités sont des services publics : https://2020.wikipolitics.ch/tags#service-public. Les activités phares incluent :

(urbanisme) Le Système d’Information du Territoire de Genève (SITG) offre, au corps de métier relatifs à l’urbanisme et à l’aménagement du territoire, une variété d’options de données grâce à des cartes interactives faciles d’accès et à des données réutilisables.

(urbanisme) La plateforme de dialogue public de Genève et sa région Participer.ge.ch, qui propose divers concertations avec la possibilité pour les citoyens de faire des propositions.

(santé) Mon dossier Medical est une plateforme proposée par l’État de Genève qui permet de mettre son dossier médical en ligne afin que celui-ci soit plus facilement transmissible par les différents acteurs de la santé. Il s’agit en quelque sorte d’un passeport médical accessible en ligne par les professionnels de la santé.

(élections) CHVote est un système de vote électronique libre et open source, qui a été en fonction dans le canton de Genève pendant 15 ans.

(justice) Dans le domaine de la Justice, le projet JUSTICIA 4.0 n’a pas commencé, mais reste un projet ambitieux et important.

Nos recommandations

Nos recommandations sont groupées dans cette section pour donner la possibilité à nos lecteurs d’imaginer un plan d’action vers une gouvernance ouverte et collaborative à Genève.

  1. Proposer un portail des données ouvertes avec : a) des données mises à jour, b) leurs guides d’utilisation et c) la possibilité des créer des données structurées et connectées.

Bonne pratique publique au niveau international : Open data portal (accessible sur https://ouvert.canada.ca/fr/donnees-ouvertes) Bonne pratique communautaire : Wikidata, le projet des données structurées de Wikipédia (accessible sur https://www.wikidata.org/)

  1. Développer la mise en pratique des API et proposer un portail d’API pour l’Etat de Genève

Bonne pratique au niveau international : Open API portal et guide (accessible sur https://apisp.comune.milano.it/store/)

  1. Organiser et implémenter un registre des algorithmes pour l’Etat de Genève

Bonne pratique au niveau international : Open AI register – Helsinki (accessible sur https://ai.hel.fi/en/ai-register/) et Amsterdam (accessible sur https://algoritmeregister.amsterdam.nl/en/ai-register/)

Bonne pratique communautaire : Electonic Privacy Infornation Center, Algorithmic Transparency Initiative (accessible aur https://www.epic.org/algorithmic-transparency/)

  1. Systématiser la collection des propositions du public à la fois sur les services publics et les projets à venir en transformant Participer.ge.ch dans un espace de concertation « obligatoire » et sensibiliser le public en collaboration avec des projets citoyens et des entités d’intérêt public.

Bonne pratique au niveau international : Decidim.org, free open-source participatory democracy for cities and organizations form : une initiative de l’état de Barcelone.

Bonne pratique au niveau international : The UK Digital Charter (accessible sur https://www.gov.uk/government/publications/digital-charter) avec divers codes de pratique pour réguler l’espace numérique (réseau sociaux, services etc.)

  1. Open contracting et budget participatif (transparence et collaboration sur l’allocation des ressources)

Bonne pratique au niveau international : La ville de Paris avec la plateforme Maximilien, plate-forme régionale de communication marchés publics (accessible sur https://marches.maximilien.fr) et l’initiative Paris Budget Participatif (accessible sur https://budgetparticipatif.paris.fr/bp/ )

  1. Rédiger une stratégie des services IT open source pour l’Etat de Genève en appuyant les projets existants (https://republique-et-canton-de-geneve.github.io/index-en.html et https://www.ge.ch/dossier/geneve-numerique/quels-sont-projets-open-source)

Bonne pratique au niveau international : The MALT Project Re-assessing the IT provisioning Strategy for Core Services at CERN (accessible sur https://malt.web.cern.ch/malt/)

Nos conclusions

Lors de notre recherche sur l’Etat de Genève, nous avons plusieurs fois constaté les relations et dépendances avec le système politique et administratif suisse. Concrètement, nous avons fait face à un espace de gouvernance hybride qui est basée sur une forte décentralisation étatique, avec des niveaux de gouvernance régionaux. La relation entre sphères politique et administrative est très largement conditionnée par les caractéristiques institutionnelles et l’organisation politique du pays. Loin d’être un pur instrument de mise en œuvre des politiques publiques, l’administration suisse tend à occuper un rôle plus important dans le processus décisionnel.

Cette dynamique est reflétée à la gouvernance numérique de l’Etat de Genève caractérisée par une importante présence des services qui visent à solidifier les relations entre l’administration et les citoyens. Voici nos conclusions (2020) :

La Suisse est à la traîne sur la proposition des données ouvertes : L’Etat de Genève, aussi…

Le dernier (2020) rapport de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) sur la gouvernance numérique et les données ouvertes (OECD Open, Useful and Re-usable data (OURdata) Index: 2019, disponible sur http://www.oecd.org/gov/digital-government/open-government-data.htm) montre que la Suisse est à la traine.
Cette réalité confirme notre analyse et nos recommandations pour l’Etat de Genève sur plusieurs thématiques (plus de détails sur : https://2020.wikipolitics.ch/tags#donn%C3%A9es-ouvertes)

La gouvernance digitale de l’Etat de Genève est institutionnalisée

Les pratiques et les mécanismes qui facilitent la transparence et la participation sont établis. L’Etat de Genève propose des services qui cherchent l’efficacité de la collaboration citoyenne. La participation comme niveau est acquise pour plusieurs d’entre eux, la collaboration doit être considérée comme objectif futur.

Une stratégie existante mais sans ressources ni enjeux sur l’évolution de la gouvernance numérique de l’Etat

Equipe de recherche

Allan Bowman, Anouk Marti, Anthony Berrut Axel Ducraux. Baptiste Loutan, Chadi Mathieu Aebi, Charles Schmid, Christian Djoumessi Tonfack, El-hassania Nour Aissaoui, Faton Murtezi, Frederic Charbonnie, Garmilan Aiyathurai, Herve Neuenschwander, Joao Pedro de Azevedo Ferreira, Kamil Saliji, Luc Haener, Nicolas Pittet, Marco Castagnuozzo, Marion Lorenz, Okan Kocak, Sandro Wicki, Stéphane Jermini, Valerian Haury.

Mots clés

wikinomie digitalisation gouvernement ouverte recommendations conclusions